
Hypervigilance : quand le corps ne sait plus se détendre

Stéphanie BETUEL
Psychopraticien · VERCHAIN MAUGRE
Hypervigilance : quand il devient difficile de vraiment relâcher
Vous avez du mal à vous poser vraiment.
Même lorsque vous êtes allongée sur votre canapé, quelque chose en vous reste tendu, attentif, aux aguets, comme si vous deviez rester prête à réagir à tout moment.
Vous êtes fatiguée, mais vous n’arrivez pas à vous détendre.
Vous aimeriez souffler, mais votre tête continue de penser, d’anticiper, de prévoir.
Ce sentiment d’être constamment en alerte peut être ce que l’on appelle l’hypervigilance.
Ce n’est pas un défaut de caractère, ni un manque de volonté. C’est un état dans lequel on peut rester lorsque l’on a été longtemps confrontée au stress, à l’inquiétude, à des changements importants ou à des situations qui ont demandé de rester particulièrement attentive à ce qui nous entourait.
« Je suis épuisée, mais je n’arrive pas à me détendre. »
C’est une phrase que j’entends régulièrement dans mon cabinet.
Hypervigilance : quand le corps reste en état d’alerte
L’hypervigilance ne se manifeste pas uniquement dans les pensées.
Elle peut également se traduire par des sensations corporelles très concrètes :
- mâchoires serrées, parfois sans même s’en rendre compte ;
- épaules constamment tendues ;
- sensation d’avoir le corps contracté ou difficile à relâcher ;
- sursauts ou forte sensibilité aux bruits ;
- difficultés à s’endormir ou réveils fréquents ;
- impression de ne jamais récupérer complètement ;
- fatigue, irritabilité ou difficulté à se concentrer.
Et parfois, le plus difficile est justement de ne plus savoir ce que signifie être réellement détendue.
On peut avoir pris l’habitude de fonctionner sous tension au point de ne plus remarquer cette tension… jusqu’à ce qu’elle devienne épuisante.
Pourquoi est-il parfois si difficile de relâcher ?
Lorsque nous traversons une période de stress ou d’insécurité, nous pouvons devenir particulièrement attentifs à ce qui pourrait arriver.
On anticipe.
On contrôle.
On pense à tout.
On se prépare au prochain imprévu.
Et même lorsque la situation s’est apaisée, il peut rester une forme de vigilance devenue familière.
C’est pourquoi se dire simplement « détends-toi » ne fonctionne pas toujours.
Parce que la détente ne se commande pas.
Et plus on cherche à se détendre à tout prix, plus on peut parfois ressentir l’écart entre ce que l’on aimerait ressentir et ce qui se passe réellement.
L’idée n’est donc pas de vous demander de forcer le calme, mais plutôt de comprendre ce qui se passe pour vous et de retrouver progressivement un rapport plus doux avec vos sensations, vos émotions et votre corps.
Mettre des mots sur ce qui se passe
Avant même de chercher à modifier une sensation corporelle, il peut être précieux de mettre des mots dessus.
Qu’est-ce qui vous maintient en tension ?
Qu’est-ce que vous anticipez ?
Depuis quand avez-vous l’impression de devoir toujours gérer, prévoir ou rester forte ?
Quelles émotions ont peut-être été mises de côté pour continuer à avancer ?
Parfois, verbaliser permet déjà de faire émerger ce qui était resté diffus.
Pas pour analyser chaque sensation ou chercher absolument une explication à tout, mais pour ne plus avoir à porter seule ce qui vous traverse.
C’est aussi le rôle de l’accompagnement : vous offrir un espace dans lequel vous pouvez déposer ce qui prend trop de place.
Et lorsque les mots ne suffisent pas, le corps peut prendre sa place
Il arrive aussi que l’on sache parfaitement ce qui nous préoccupe… sans pour autant réussir à relâcher la tension.
On comprend.
On réfléchit.
On en parle.
Et pourtant, le corps reste contracté.
C’est là que les approches corporelles peuvent avoir leur place.
Un toucher enveloppant, un massage, un temps de soin, le fait de sentir à nouveau son corps autrement que dans la tension… peuvent offrir une autre manière de se reconnecter à soi.
Il ne s’agit pas de faire disparaître une émotion ou de « réparer » quelque chose.
Simplement de redonner au corps une place dans l’accompagnement.
L’hypnose : un autre chemin pour ralentir le mental
L’hypnose peut également être proposée lorsque vous avez besoin d’un autre espace pour vous poser.
Elle permet de mobiliser davantage votre monde intérieur, vos sensations, vos images et vos ressources personnelles.
Selon ce que vous vivez, une séance peut par exemple vous amener à retrouver un sentiment de sécurité, créer un espace intérieur plus apaisant ou simplement vous permettre de vous éloigner temporairement du flot incessant des pensées.
Il n’y a pas une seule façon de travailler sur l’hypervigilance.
Ce qui compte, c’est ce qui vous correspond.
Certaines personnes ont besoin de parler.
D’autres ont besoin de passer davantage par le corps.
D’autres encore trouvent dans l’hypnose une manière différente d’accéder à ce qui se joue en elles.
Et parfois, plusieurs approches peuvent se compléter.
Quand consulter pour une sensation d’hypervigilance ?
Vous pouvez envisager un accompagnement si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations :
- vous êtes fatiguée sans parvenir à vraiment récupérer ;
- vous avez l’impression de devoir constamment anticiper ou contrôler ;
- votre corps reste tendu même lorsque vous êtes enfin au calme ;
- vous avez du mal à profiter pleinement des moments agréables parce que votre tête reste en mouvement ;
- vous avez besoin de déposer ce que vous vivez mais vous ne savez plus vraiment par où commencer ;
- vous avez la sensation d’être déconnectée de vos besoins et de vos sensations.
À Verchain-Maugré, près de Valenciennes, je vous accueille dans un espace où vous pouvez prendre le temps de déposer ce qui vous pèse, sans jugement et sans obligation d’aller mieux rapidement.
L’accompagnement peut passer par la verbalisation, l’hypnose ou le soin du corps, selon ce qui semble le plus juste pour vous et selon ce que vous traversez.
Chaque séance est adaptée à votre histoire, à votre rythme et à vos besoins.
Il ne s’agit pas de vous apprendre à être calme à tout prix.
Il s’agit plutôt de vous permettre de mieux vous écouter, de comprendre ce qui se joue et de retrouver progressivement un peu plus d’espace pour vous.
Et si certaines manifestations physiques persistent ou vous inquiètent, un avis médical reste important afin d’écarter une éventuelle cause médicale.
Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être complètement épuisée pour vous accorder du soutien.
Parfois, prendre le temps de s’écouter est déjà une première façon de revenir vers soi.


