
Lâcher prise : pourquoi c'est si difficile et comment le corps peut vous y aider

Stéphanie BETUEL
Psychopraticien · VERCHAIN MAUGRE
Pourquoi "lâcher prise" reste souvent un vœu pieux
Vous vous êtes peut-être déjà dit : "Il faudrait que j'arrête de ruminer." Ou encore : "Je dois apprendre à lâcher prise." Et pourtant, quelques minutes plus tard, les pensées sont revenues. La tension aussi.
C'est l'un des paradoxes les plus courants que j'observe dans ma pratique : plus on essaie de lâcher prise par la pensée, plus on s'y accroche. La tête cherche à contrôler… y compris l'acte de ne plus contrôler. C'est un peu comme essayer de s'endormir en se répétant « je dois dormir ».
Ce que vivent beaucoup de personnes
- Une tension persistante dans les épaules, la mâchoire ou le ventre
- Des pensées qui tournent en boucle sans trouver de résolution
- Un sentiment d'épuisement malgré le repos
- L'impression de ne jamais vraiment « déconnecter »
Ces signaux ne sont pas des faiblesses. Ils indiquent simplement que le système nerveux est en état d'alerte prolongée — et que la tête seule ne peut pas lui dire de s'arrêter.
« On ne pense pas son chemin hors d'un état que l'on a vécu dans son corps. » — une formulation que j'entends souvent résonner chez les personnes qui viennent me consulter.
C'est précisément là qu'une approche par le corps peut proposer quelque chose de différent. Non pas comme une solution magique, mais comme une porte d'entrée que la tête ne peut pas fermer.
Beaucoup de praticiens, moi y compris, observent que lorsqu'on adresse d'abord les sensations physiques — la respiration, la posture, la tension musculaire — quelque chose se modifie, parfois doucement, parfois de façon plus nette. Sans qu'on ait eu besoin de « comprendre » quoi que ce soit au préalable.
Passer par le corps : une voie concrète et accessible
Le corps garde une mémoire de tout ce que vous traversez. Les épaules montées, la respiration courte, les mâchoires serrées : autant de façons dont les tensions s'installent sans qu'on s'en aperçoive vraiment. Revenir au corps, c'est revenir à ce qui est là, maintenant — et non à ce qui pourrait arriver ou à ce qui s'est passé.
Un exercice pratique à essayer maintenant
Voici une pratique simple que je propose régulièrement. Vous pouvez la faire assis, les pieds à plat sur le sol.
- Fermez les yeux ou posez un regard doux vers le bas.
- Posez une main sur votre ventre. Sentez-le se soulever à l'inspiration, s'abaisser à l'expiration.
- Inspirez lentement par le nez pendant 4 secondes.
- Retenez doucement 2 secondes.
- Expirez par la bouche pendant 6 secondes, comme si vous souffliez sur une bougie sans l'éteindre.
- Répétez ce cycle 5 à 6 fois.
Après cet exercice, prenez un moment pour observer ce qui a changé — une légère détente dans les épaules, une respiration un peu plus ample, un moment de calme même fugace. Certaines personnes ne ressentent rien de particulier au début, et c'est tout à fait normal.
Ce que cette pratique peut permettre
- Interrompre momentanément le flux de pensées
- Signaler au système nerveux qu'il n'y a pas de danger immédiat
- Créer un espace, même petit, entre une sensation et une réaction automatique
Ce n'est pas une technique de performance. C'est une invitation à revenir à soi, à l'instant présent, par ce que vous avez toujours avec vous : votre souffle et votre corps.
Dans ma pratique de psychopraticienne à Verchain-Maugré, j'accompagne les personnes qui ressentent ce besoin de pause — entre le corps et le mental — à explorer ce type d'approche à leur propre rythme, sans forcer, sans jugement.
Quand consulter ? Ce que vous vivez peut mériter un espace dédié
Il y a des moments où lire un article, faire un exercice de respiration ou écouter un podcast ne suffit plus. Pas parce que vous n'avez pas « assez essayé », mais parce que certaines tensions ont besoin d'être accueillies dans un espace sécurisé, avec un regard extérieur bienveillant.
Quelques signes qui peuvent indiquer qu'un accompagnement vous serait utile
- Vous vous sentez épuisé(e) de façon chronique, même après du repos
- Vous avez du mal à vous arrêter, à ne rien faire, sans culpabilité ou agitation
- Votre corps envoie des signaux répétés — tensions, insomnies, douleurs diffuses — sans explication médicale claire
- Vous avez l'impression que quelque chose « bloque » mais vous ne savez pas quoi
- Vous cherchez un espace pour vous reconnecter à vous-même, loin des injonctions habituelles
Ces vécus sont fréquents, et ils méritent attention. Consulter un professionnel de santé ou un praticien spécialisé n'est pas réservé aux situations de crise — c'est aussi une démarche préventive et de mieux-être.
Dans le cadre de ma pratique, je vous propose un espace pour explorer ce lien entre corps et mental, à votre rythme. Chaque séance est un moment pour vous — pour écouter ce que votre corps tente peut-être de vous dire depuis un moment.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, n'hésitez pas à me contacter pour un premier échange. Il n'y a pas besoin d'aller « très mal » pour chercher à aller mieux.


