
Annoncer sa PMA à ses proches : gérer les maladresses

Stéphanie BETUEL
Psychopraticien · VERCHAIN MAUGRE
Quand les mots des proches font mal malgré eux
« Détendez-vous, ça viendra tout seul. » « Vous avez bien le temps. » « Et si vous adoptiez ? » Vous avez peut-être entendu l'une de ces phrases, prononcée avec tendresse, et ressenti une brûlure au creux du ventre.
Ce décalage est fréquent dans un parcours de PMA. Vos proches cherchent à vous rassurer, mais leurs mots tombent parfois à côté de ce que vous vivez : les rendez-vous, les attentes, les espoirs, les déceptions.
Ce que ces maladresses peuvent réveiller
Certaines personnes décrivent, dans ces moments-là :
- un sentiment de solitude, comme si personne ne comprenait vraiment ;
- de la colère, parfois suivie de culpabilité, car l'intention était bonne ;
- de la honte ou l'impression de devoir se justifier ;
- une envie de se taire et de ne plus rien partager.
Toutes ces réactions sont humaines. Elles disent à quel point ce parcours vous engage, intimement.
Pourquoi l'entourage se trompe-t-il si souvent ?
Beaucoup de proches ne savent simplement pas quoi dire. Face à une situation qui touche à l'intime, ils comblent le silence avec des phrases toutes faites, ou avec leur propre histoire.
Une maladresse n'est pas toujours un manque d'amour. C'est souvent un manque de mots.
Cela n'enlève rien à votre peine, mais cela peut aider à la regarder avec un peu plus de recul, sans vous demander de pardonner ni d'excuser.
Décider de ce que vous partagez, et avec qui
Vous n'avez aucune obligation d'annoncer votre PMA. Vous pouvez choisir de tout dire, de ne rien dire, ou de partager seulement certaines étapes avec certaines personnes.
Quelques questions à vous poser avant d'en parler
- Qu'est-ce que j'attends de cette personne ? De l'écoute, une aide pratique, simplement qu'elle soit au courant ?
- Comment réagit-elle d'habitude quand je lui confie quelque chose de sensible ?
- Jusqu'où ai-je envie d'aller : le fait que nous suivions un parcours, ou aussi les dates et les résultats ?
Ces réponses peuvent différer d'un proche à l'autre. Il est possible d'avoir un cercle très restreint et un cercle plus large, qui ne reçoit que l'essentiel.
Quelques phrases pour poser un cadre
Certaines personnes trouvent utile de préparer quelques formulations simples :
- « Je te le confie, et j'ai surtout besoin que tu m'écoutes, sans conseil. »
- « Je préfère que nous n'en reparlions que si j'en parle la première. »
- « Je sais que tu veux bien faire. Cette remarque m'a fait mal, et je préfère te le dire. »
Elles ne garantissent pas la réaction de l'autre, mais elles vous permettent d'exprimer votre besoin sans vous exposer davantage.
Et quand la remarque vous prend de court ?
Vous n'avez pas à répondre sur le moment. Une phrase comme « Je préfère ne pas en parler aujourd'hui » est une réponse complète. Vous pourrez y revenir plus tard, ou pas.
Vous protéger sans vous isoler : un exercice et des repères
Après une conversation difficile, le corps garde souvent la trace : gorge serrée, ventre noué, respiration courte. Prendre quelques minutes pour vous apaiser peut contribuer à retrouver un peu d'espace intérieur.
Exercice : trois minutes pour déposer la tension
- Asseyez-vous, les pieds bien à plat, une main sur le ventre.
- Inspirez par le nez pendant 4 secondes, en sentant le ventre se soulever.
- Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes, comme si vous souffliez sur une bougie sans l'éteindre.
- Répétez 8 à 10 fois, en gardant l'attention sur la main posée.
- Nommez ensuite à voix basse ou par écrit ce que vous ressentez : « Je suis triste », « Je suis en colère ».
Poser des mots sur une émotion peut aider certaines personnes à la sentir moins envahissante.
Garder des liens qui vous font du bien
Se protéger ne veut pas dire se couper de tout. Quelques repères :
- Choisir une ou deux personnes ressources, celles auprès de qui vous vous sentez comprise ou compris.
- Limiter certaines occasions (repas de famille, annonces de grossesse) en vous autorisant à partir plus tôt ou à décliner.
- Rechercher d'autres personnes qui vivent un parcours similaire, via des associations ou des groupes de parole.
Je vois aussi, dans mon accompagnement, combien il est bénéfique de pouvoir déposer ses émotions dans un lieu où rien n'est à justifier.
Quand vous faire accompagner ?
Vous pouvez envisager de consulter si :
- les remarques de l'entourage vous hantent longtemps après les avoir entendues ;
- vous évitez de plus en plus vos proches, ou certains événements ;
- la tristesse, l'irritabilité ou l'anxiété prennent beaucoup de place dans votre quotidien ;
- vous avez le sentiment de porter ce parcours seule ou seul, y compris au sein du couple.
Je vous accueille à Verchain-Maugré près de Valenciennes, sans jugement et à votre rythme, pour vous offrir un espace où parler de ce que vous traversez. Mon accompagnement ne remplace pas le suivi médical de votre parcours : n'hésitez pas à en parler aussi à votre médecin ou à l'équipe qui vous suit.


