
Devenir mère pour la première fois : bonheur et doutes silencieux

Stéphanie BETUEL
Psychopraticien · VERCHAIN MAUGRE
Quand la joie cohabite avec le doute
Vous attendiez ce moment, ou il est arrivé plus vite que prévu. Autour de vous, on sourit, on félicite, on offre des conseils. Et pourtant, certains soirs, une petite voix demande : « Et si je n'y arrivais pas ? »
Ce décalage entre ce que l'on attend de soi et ce que l'on ressent vraiment est très répandu. Dans mon cabinet, je le rencontre souvent. Il se vit la plupart du temps en silence, par crainte du jugement ou par peur de paraître ingrate.
Des émotions qui se contredisent
Pendant une première grossesse, beaucoup de femmes décrivent des ressentis qui semblent s'opposer :
- une joie profonde et, le même jour, l'envie de pleurer sans savoir pourquoi
- de l'impatience et la peur de l'inconnu
- de la tendresse pour ce bébé et l'impression de ne pas encore ressentir le lien attendu
- de la fierté et le regret anticipé de sa liberté d'avant
Rien de tout cela ne dit quelque chose de votre amour futur pour votre enfant. Ces émotions ambivalentes font partie de l'expérience de nombreuses femmes.
Une identité qui se transforme
Devenir mère, ce n'est pas seulement accueillir un bébé. C'est aussi se demander qui l'on va devenir : quelle mère, avec quelles valeurs, face à quels souvenirs de sa propre enfance.
Certaines se surprennent à comparer leur futur rôle à celui de leur propre mère, à s'inquiéter pour leur couple, leur métier, leur corps qui change. Ces questions peuvent surgir à tout moment, y compris dans les périodes qui semblent les plus sereines.
Avoir des doutes ne dit rien de la mère que vous serez. Cela dit simplement qu'un grand changement est en cours.
Accueillir ses doutes plutôt que les faire taire
Face à ces pensées, le réflexe est souvent de les repousser : « Je devrais être heureuse, je n'ai pas le droit de me plaindre. » Or certaines personnes trouvent que les émotions pèsent moins lourd quand elles ont enfin une place pour être dites.
Trois pistes pour commencer
- Nommer sans juger : remplacez « je suis une mauvaise future mère » par « en ce moment, je ressens de l'inquiétude ».
- En parler à une personne de confiance : une amie, votre conjoint, une sage-femme, un professionnel de l'écoute.
- Réduire la comparaison : les images de maternité sur les réseaux sociaux montrent rarement les nuits d'interrogation.
Exercice : cinq minutes pour faire le point
Trouvez un endroit calme et asseyez-vous confortablement, les pieds au sol. Gardez un carnet et un stylo à portée de main.
- Ouvrez votre carnet et complétez ces deux phrases, sans vous censurer : « Ce qui me réjouit, c'est… » puis « Ce qui m'inquiète en silence, c'est… ».
- Relisez en vous disant : « Les deux ont le droit d'exister. »
Certaines personnes trouvent que refaire cet exercice une fois par semaine aide à repérer ce qui revient. Il ne remplace en rien un accompagnement, mais il peut vous aider à mettre des mots sur ce que vous vivez.
Dans ma pratique de psychopraticienne, j'offre un espace d'écoute sans jugement, où ces doutes peuvent être déposés à votre rythme, sans chercher la « bonne » réponse.
Quand se faire accompagner?
Les doutes sur la maternité sont fréquents, et vous n'avez pas besoin d'aller mal pour avoir envie d'en parler. Si vous vous reconnaissez dans ce qui suit, un échange avec un professionnel peut être précieux.
Quelques signes qui peuvent vous inviter à demander de l'aide
- vous pleurez ou vous vous sentez triste presque tous les jours, depuis plus de deux semaines
- l'inquiétude tourne en boucle et vous empêche de dormir ou de profiter de ce qui vous entoure
- vous vous sentez très coupable de ne pas ressentir ce que vous pensez devoir ressentir
- vous n'osez en parler à personne et vous vous sentez de plus en plus isolée
- vous avez le sentiment de ne plus vous reconnaître
Si vous reconnaissez votre quotidien dans l'une de ces lignes, sachez que vous n'êtes pas seule et que cela mérite d'être entendu.
Vers qui se tourner
Votre médecin ou votre sage-femme peuvent évaluer votre situation et vous orienter. Si des pensées sombres ou l'envie de vous faire du mal apparaissent, contactez sans attendre le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24) ou le 15.
À Verchain-Maugré, je vous reçois dans un cadre bienveillant pour mettre des mots sur ce bouleversement intérieur, en complément du suivi médical. Vous pouvez me contacter quand vous le souhaitez, avant ou après la naissance.


